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🍂 La période de Samhain 31 octobre au 1er novembre : quand la fin d’un cycle prépare déjà le renouveau

Bonne lecture
il y a 2 jours
6 min de lecture


À la charnière entre octobre et novembre, lorsque les jours raccourcissent et que la nature se dépouille, revient le nom de Samhain. Ancienne fête issue du monde celtique, elle marquait un passage essentiel dans l’année. Aujourd’hui, au-delà de son histoire, Samhain nous invite aussi à réfléchir à nos propres cycles : ce que nous avons récolté, ce que nous devons laisser derrière nous et ce que nous souhaitons préparer pour demain.


🔥 Samhain, une fête de passage


Samhain — que l’on rencontre aussi sous la forme irlandaise Samain — appartient aux grandes fêtes saisonnières de l’ancienne tradition gaélique.

Associée au passage du 31 octobre au 1er novembre, elle marquait l’entrée dans la partie sombre de l’année. Les récoltes étaient achevées, les troupeaux revenaient des pâturages et l’hiver approchait.


Samhain représentait donc avant tout un seuil : un moment situé entre ce qui vient de s’achever et ce qui n’a pas encore commencé.

C’est probablement cette notion de passage qui explique pourquoi sa symbolique continue de nous parler aujourd’hui.


🌍 De l’Irlande à la Bretagne : des traditions différentes autour d’un même passage


Samhain trouve ses racines les plus clairement identifiées dans le monde gaélique, notamment en Irlande, en Écosse et sur l’île de Man. Mais d’autres territoires celtiques possèdent des fêtes saisonnières apparentées.


En Irlande, la nuit du 31 octobre reste profondément associée à cet héritage. Feux, rassemblements, jeux, déguisements et pratiques divinatoires ont traversé les siècles sous différentes formes. Le barmbrack, gâteau aux fruits dans lequel pouvaient être dissimulés de petits objets censés annoncer symboliquement l’avenir, fait notamment partie des traditions populaires d’Halloween en Irlande.


En Écosse, la période a également été associée aux feux, aux pratiques divinatoires et au guising, coutume au cours de laquelle des personnes déguisées allaient de maison en maison en proposant chants, récitations ou autres performances.


Sur l’île de Man, une tradition particulièrement intéressante subsiste sous le nom de Hop-tu-Naa. Les enfants y ont notamment pour coutume de sculpter des navets, puis de parcourir les maisons en chantant. Une image assez éloignée de nos citrouilles contemporaines !


Au Pays de Galles, on retrouve Calan Gaeaf, célébration marquant traditionnellement le début de l’hiver. Feux, croyances liées aux esprits et pratiques divinatoires y occupaient également une place importante. Il s’agit cependant d’une tradition brittonique apparentée plutôt que de Samhain au sens strict.


La Bretagne possède elle aussi son héritage avec Kalan Goañv, littéralement associé au commencement de l’hiver. Là encore, mieux vaut parler d’une tradition celtique cousine plutôt que de présenter toutes ces célébrations comme une seule et même fête.

D’un territoire à l’autre, un même thème apparaît cependant : le passage de la lumière vers l’obscurité, de la récolte vers le repos et d’un cycle achevé vers un autre qui se prépare.


🎃 Mais alors, Samhain est-il l’ancêtre d’Halloween ?


La réponse mérite quelques nuances.

Il serait trop simple de dire qu’Halloween est Samhain qui aurait simplement changé de nom.

Halloween s’est construite progressivement à travers plusieurs influences : anciennes coutumes saisonnières des îles Britanniques et d’Irlande, traditions chrétiennes liées à la Toussaint et à la commémoration des morts, puis évolution des pratiques populaires, notamment en Amérique du Nord.


L’importante émigration irlandaise du XIXᵉ siècle a participé à la diffusion de certaines de ces traditions aux États-Unis.

Même la célèbre citrouille d’Halloween raconte cette évolution : dans les îles Britanniques et en Irlande, on sculptait notamment des navets. En Amérique du Nord, la citrouille, plus grande et plus facile à creuser, s’est progressivement imposée.

Samhain et Halloween sont donc liées par une histoire complexe, mais elles ne sont pas interchangeables.


Aujourd’hui encore, Samhain est également célébré par certaines communautés néopaïennes, druidiques ou wiccanes. Bougies, autels dédiés aux ancêtres, méditation, repas commémoratifs ou rituels de passage peuvent accompagner ces célébrations contemporaines.


Ces pratiques actuelles sont cependant des réinterprétations spirituelles diverses et ne doivent pas être présentées comme la reproduction exacte de cérémonies celtiques vieilles de plusieurs siècles.


🍂 La nature se dépouille, mais la vie continue


À cette époque de l’année, les arbres perdent leurs feuilles, les températures diminuent et la lumière décline.

À première vue, tout semble parler de disparition.

Pourtant, sous les feuilles mortes, la terre poursuit son travail.

La matière végétale se décompose, enrichit progressivement le sol et participe au cycle dont émergera une nouvelle végétation.


La nature ne s’arrête pas : elle change de rythme et de forme.

Voilà une belle manière d’aborder symboliquement Samhain.

Il existe dans nos vies des périodes où il faut produire, avancer, construire et se montrer. Mais il en existe d’autres où nous avons besoin de ralentir, de faire le bilan et de revenir vers nous-mêmes.

Samhain peut représenter ce moment.


🌑 Apprivoiser la « saison sombre »


Dans notre société contemporaine, l’obscurité possède souvent une connotation négative.

Nous voulons de la lumière, de l’action, des résultats, du mouvement.

Pourtant, la nature nous enseigne que l’obscurité possède elle aussi une fonction.

La graine attend dans la terre. Les racines se développent à l’abri de la lumière. La nuit permet le repos.

Symboliquement, entrer dans la saison sombre ne signifie donc pas entrer dans quelque chose de négatif.

Cela peut simplement signifier entrer dans un temps d’intériorité.


Que s’est-il passé durant les mois précédents ? Qu’avons-nous appris ? Qu’est-ce qui mérite d’être poursuivi ? Et qu’est-ce qui, au contraire, est arrivé au terme de son cycle ?


🕯️ Une fête tournée vers la mémoire

Samhain est également entouré d’une importante symbolique liée aux défunts et à l’Autre Monde dans les traditions et récits celtiques.

Les représentations contemporaines ont beaucoup développé l’idée d’une frontière qui deviendrait particulièrement fine entre le monde des vivants et celui des morts à cette période de l’année.

Que l’on adhère ou non à cette croyance, sa dimension symbolique reste profondément humaine.


Se souvenir de ceux qui nous ont précédés, c’est aussi reconnaître ce qu’ils ont laissé en nous.


Une phrase que nous répétons encore. Une recette familiale. Une valeur. Une manière de rire. Une force de caractère. Un souvenir que l’on transmet à son tour.

Samhain peut ainsi devenir un temps de mémoire et de gratitude envers celles et ceux qui ont participé, directement ou indirectement, à ce que nous sommes aujourd’hui.


♇ Samhain, une symbolique très plutonienne


Pour l’astrologue, difficile de ne pas percevoir dans Samhain une résonance avec Pluton.

Pluton représente symboliquement les transformations profondes, les fins nécessaires, la régénération et ces périodes où une ancienne forme doit disparaître pour permettre à une autre d’émerger.

Nous retrouvons exactement le mouvement de la nature automnale :


Fin du cycle → dépouillement → transformation → régénération.


Pluton nous rappelle que nous ne pouvons pas toujours construire le nouveau en conservant absolument tout de l’ancien.

Parfois, il faut faire de la place.

Samhain peut alors nous poser cette question :


« Qu’est-ce qui est terminé dans ma vie, même si je n’ai pas encore complètement accepté de le laisser partir ? »

🔥 Faire de Samhain un moment de bilan


Il n’est pas nécessaire d’adhérer à une tradition spirituelle particulière pour s’inspirer de cette période.


Autour du 31 octobre ou du 1er novembre, prenez simplement quelques minutes et répondez à trois questions.


🍎 Qu’ai-je récolté ?

Qu’est-ce que cette année m’a apporté ?

Qu’ai-je appris ?

Quelles rencontres, expériences ou réussites ai-je envie de célébrer ?

🍂 Qu’est-ce que je laisse derrière moi ?

Une habitude, une peur, une rancœur, une situation ou une manière de penser dont le cycle semble terminé.


🌱 Qu’est-ce que je souhaite préparer ?

Pas dix bonnes résolutions. Une intention, un projet ou quelque chose que vous aimeriez voir grandir au cours des prochains mois.

Vous pouvez accompagner ce petit moment d’une bougie, simplement comme symbole de la lumière que l’on conserve lorsque les jours deviennent plus sombres.


🍎 Récolter avant de vouloir recommencer

Samhain nous rappelle finalement quelque chose que notre époque oublie parfois : avant de vouloir constamment commencer quelque chose de nouveau, il faut savoir regarder ce qui vient de s’achever.

L’automne est le temps de la récolte.

Et cette récolte peut également être intérieure.


Qu’avons-nous semé ?

Qu’avons-nous récolté ?

Qu’avons-nous appris de ce qui n’a pas fonctionné ?

Et qu’avons-nous envie d’emporter avec nous ?


Samhain devient alors moins une célébration de la mort qu’une méditation sur les cycles et la continuité de la vie.

Car une fin n’est pas toujours un échec.

Elle peut simplement signifier qu’un cycle est arrivé à maturité.


🌑 La lumière naît aussi de l’obscurité


Lorsque l’arbre perd ses feuilles, il ne porte pas encore les bourgeons visibles de son prochain printemps.

Pourtant, son cycle continue.

Nous pouvons peut-être nous autoriser la même chose : ne pas toujours connaître immédiatement la suite, accepter certaines périodes de ralentissement et faire confiance à ce qui se transforme silencieusement.

Car avant chaque nouveau départ existe parfois un temps nécessaire de dépouillement.


C’est peut-être là que réside toute la beauté symbolique de Samhain :


🍂 Honorer ce qui a été.

🔥 Laisser partir ce qui est terminé.

🌑 Accepter le temps de transformation.

🌱 Préparer doucement ce qui demande à renaître.


Car dans la nature comme dans nos vies, la fin d’un cycle contient déjà, quelque part, la promesse du suivant.

 
 
 

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