top of page

Cartomancie et synchronicités La conscience et les limites de nos perceptions Marc Ghibaudo | EnergyZenMarc

Bonne lecture
15 oct.
3 min de lecture


Une question nous préoccupe. Nous tirons quelques cartes, et leurs symboles semblent faire écho à ce que nous traversons. Cette rencontre entre une interrogation et des images peut être troublante. Comment comprendre ce sentiment de justesse ? La cartomancie invite ici à explorer les liens possibles entre conscience, symboles et information, sans confondre hypothèse et connaissance établie.


Dans mon approche de la guidance, les cartes sont un support de lecture et de réflexion. Elles permettent de mettre en mots une situation, de questionner une dynamique et d’examiner des possibilités d’évolution. Mais une interrogation demeure : la conscience pourrait-elle, à travers ce support, accéder à une information qui dépasse les perceptions ordinaires ?


Quand le tirage devient une coïncidence signifiante


Le concept de synchronicité, développé par Carl Gustav Jung, désigne une correspondance porteuse de sens entre des événements sans lien causal apparent. Appliqué à la cartomancie, il permet d’envisager le tirage comme la rencontre entre une préoccupation intérieure et une configuration de symboles.


Imaginons une personne qui hésite à quitter une situation devenue pesante. Les cartes évoquent une rupture, une transition et un nouveau départ. Leur lecture peut lui permettre de reconnaître un mouvement déjà présent en elle. Cette résonance peut être vécue comme une synchronicité ; elle ne permet cependant pas, à elle seule, de déterminer d’où vient l’information.


Ce que la non localité nous apprend


La physique quantique montre que des systèmes intriqués peuvent présenter des corrélations que les modèles à variables cachées locales ne peuvent reproduire. Ces résultats, associés aux expériences sur les inégalités de Bell, ont été récompensés par le prix Nobel de physique 2022. L’état de l’ensemble ne se réduit pas à des états indépendants de ses parties. [1]


Cette découverte rend la question de l’information plus complexe que ne le suggère notre intuition quotidienne. Elle ne démontre toutefois ni l’existence d’une mémoire universelle accessible à la conscience, ni une transmission instantanée de messages. Même la téléportation quantique nécessite une communication classique. [2] Le rapprochement avec la cartomancie reste donc une piste de réflexion, dont le mécanisme demanderait à être établi.


François Martin et Philippe Guillemant ouvrent des pistes


Avec Belal Baaquie, François Martin a proposé un modèle de « psyché quantique ». Les auteurs font l’hypothèse d’un champ psychique universel et utilisent le formalisme quantique pour représenter le psychisme, ses potentialités et leurs interactions. Leur article expose une construction théorique et réserve sa mise à l’épreuve à des recherches futures. [3]


Philippe Guillemant propose, avec la double causalité, que certains futurs possibles puissent influencer le présent. Dans ce cadre, l’intention et les choix participeraient à l’évolution de ces possibilités, et les synchronicités pourraient en être des manifestations. Il présente lui-même cette proposition comme une théorie métaphysique fondée sur une hypothèse scientifique. [4]


Ces approches nourrissent une interrogation sur les rapports entre conscience et réalité. Le lien avec la lecture des cartes constitue ici mon prolongement personnel de cette réflexion : ces textes ne démontrent pas un accès à l’information par la cartomancie.


Une guidance qui laisse une place au choix


Si l’on explore cette hypothèse, les cartes pourraient être envisagées comme un langage permettant de donner forme à certaines perceptions intuitives. Leur rôle serait de rendre une information interprétable à travers des images et des associations de sens. Cette proposition reste ouverte à l’examen, y compris aux explications psychologiques liées à l’attention, aux attentes et à l’interprétation.

Pour moi, l’intérêt de la guidance se situe aussi dans ce qu’elle permet de faire au présent : clarifier une question, reconnaître une difficulté et retrouver une marge d’action. Une lecture mérite d’être confrontée aux faits ; la personne doit pouvoir reconnaître ce qui lui parle et écarter ce qui ne lui correspond pas.


La question du mécanisme demeure passionnante. Elle peut être explorée avec curiosité, sans transformer une intuition en certitude. Les cartes offrent alors un espace pour interroger son chemin, tandis que chacun conserve la liberté de construire la suite.

Sources et prolongements


[1] Fondation Nobel — Prix Nobel de physique 2022, présentation des expériences sur l’intrication. https://www.nobelprize.org/prizes/physics/2022/press-release/

[3] B. E. Baaquie et F. Martin — Quantum Psyche, NeuroQuantology, 2005, vol. 3, p. 7–42. Texte français révisé en décembre 2004. DOI : 10.14704/nq.2005.3.1.57.

[4] Philippe Guillemant — Introduction à la théorie de la double causalité. https://www.guillemant.net/index.php?cate=articles&page=Introduction_a_la_TDC.htm&part=double_causalite

 
 
 

Commentaires


bottom of page